• On pourrait avoir l’impression que dans l’interprétation de Proclus de la ligne divisée de Platon, il y a deux types de connaissance des objets supérieurs : une noêsis ascendante qui monte jusqu’au principe anhypothétique, et dont les objets sont les eidê simples, et une dianoia qui inclut les mathématiques, dont le mouvement est descendant et dont les objets sont divisés. Cependant, plus loin dans le prologue (première partie, chap. X), Proclus parlera de « l’epistêmê unique la plus haute »9 ascendante et il parlera aussi de la dialectique (chap. XIV). On est donc amené à se poser les questions suivantes : quelle relation faut-il établir entre la noêsis, la dianoia, l’epistêmê supérieure unique, la dialectique et les mathématiques ? Comment s’opère en ces connaissances la remontée ou la descente ? Qu’est-ce qui caractérise leurs objets propres ? C’est à la lumière d’autres passages dans le prologue à l’In Euclidem et aussi de textes paralllèles tirés d’autres commentaires de Proclus ( Sur le Timée, Sur le Parménide et Sur la République) que je tenterai de répondre à ces questions.